Livre


Les larmes de Satan Tome 1 Le groupe Opéra Gilles Milo-Vacéri


Abandonné à la naissance, Antoine Boulan fuit l’orphelinat et tente de survivre en restant sur le droit chemin pour tenir une promesse. Rattrapé par l’époque, il sombre dans les cambriolages et se voit condamné au bagne par erreur. Quand la guerre éclate, il revient en France pour prendre les armes et traversera le conflit en courant désespérément après son pardon. Du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni aux plages de Dunkerque, à Paris puis dans le Loiret et enfin à Auschwitz Birkenau en Pologne, vous allez suivre pas à pas le destin d’un orphelin à qui la vie n’a fait aucun cadeau et qui deviendra, malgré lui, un héros de guerre.

(juin 1917 - juillet 1940)

Antoine est un adolescent qui a appris à souffrir en silence. Grâce à sœur Charlotte, sa mère de substitution, il survit à ses premières années au sein de l’orphelinat. Quand il fuit les Enfants Trouvés, il multiplie les métiers et pour manger à sa faim, devient un voleur réputé sur Pigalle. Jugé à tort pour meurtre, la justice le condamne au bagne. Quand la guerre éclate, il saisit sa chance et revient en volontaire sur les plages de Dunkerque…


Editeur: Les éditions du 38
Date de parution: 26/07/2018

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Avis des Rebelles

Le premier tome d’une trilogie puissante, bouleversante, à lire absolument !

Par Goéwin

Gilles Milo-Vacéri a le don de donner vie à des personnages inoubliables et Antoine Boulan est sans conteste l’un des plus attachants et bouleversants. J’avais lu la première version éditée de « Les larmes de Satan » et j’avais été très touchée par ce livre dont l’action se situe pendant la Seconde Guerre mondiale, plus particulièrement durant l’Occupation, et qui nous rappelle le devoir de mémoire afin que plus jamais ça ! Mais justement, ayant aimé ce texte, je suis plus que ravie que l’auteur l’ait repris et complètement réécrit en mettant l’accent sur Antoine qui en devient encore plus humain et réel. Il pourrait tout à fait avoir existé. De plus l’auteur a développé la narration, rendant son texte encore plus frappant. La trame est la même mais c’est encore mieux, encore plus émouvant et c’est édité en trois tomes.

Dans sa préface, Gilles Milo-Vacéri nous explique pourquoi il a écrit « Les larmes de Satan ». Il nous rappelle le devoir de mémoire qui est le nôtre pour que tous ceux qui sont morts au nom de la Liberté, soldats, déportés, Juifs, résistants, ne soient pas morts en vain. Personnellement j’ajouterai qu’on en a besoin aujourd’hui plus que jamais au vu de certains faits d’actualité et paroles de gouvernants. Puis il a mis en exergue un extrait du magnifique Chant des Partisans (j’ai ainsi appris que les paroles françaises étaient de Joseph Kessel et Maurice Druon) ainsi qu’un extrait du Discours du transfert des Cendres de Jean Moulin au Panthéon prononcé par André Malraux.

Ensuite, nous entrons dans l’histoire de la vie d’Antoine et dès les premières lignes, nous avons le cœur serré par la douleur de cette mère obligée d’abandonner son enfant. En quelques phrases, Gilles Milo-Vacéri ressuscite un temps où il ne faisait pas bon s’écarter du chemin d’une stricte morale et où une fille-mère était systématiquement condamnée et rejetée. À l’Hôpital des Enfants Trouvés, la supérieure Sœur Evelyne est un vrai chameau. Heureusement il y a la douce Sœur Charlotte ; c’est elle qui fournira son identité à Antoine Boulan, qui l’aimera et lui donnera une forte éducation avec des valeurs d’honneur. C’est grâce à elle qu’il survivra à seize années d’orphelinat qui n’ont été qu’une suite de brimades et d’injustes corrections car Sœur Evelyne — maudite soit-elle ! — en a fait son souffre-douleur. À 16 ans, Antoine, surnommé respectueusement Le Silencieux par ses camarades, fuit l’Hôpital et commence à travailler en tant qu’apprenti boulanger. Hélas, la mort de Sœur Charlotte lui brise le cœur et il laisse tout tomber. Commence alors pour lui une vie de misère. Pour ne pas mourir de faim, malgré son désir de devenir quelqu’un de bien pour que Sœur Charlotte soit fière de lui, il devient cambrioleur mais il ne vole que les riches et ne porte pas d’arme. Antoine aurait pu continuer longtemps sa vie de voleur s’il n’avait pas été rattrapé par sa promesse faite à Sœur Charlotte et les valeurs d’honnêteté, justice, solidarité et respect de l’humain qu’elle lui a inculquées. Victime d’une lamentable erreur, il est accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis et condamné aux travaux forcés à perpétuité au bagne de Cayenne. Quand la guerre éclate, sa rencontre avec le directeur du bagne, le colonel Pierre de Maranches, qui lui propose de rentrer en France pour défendre son pays contre l’Allemagne et qui va être le premier à croire à son histoire et à son innocence, va lui permettre de reprendre sa vie en mains et d’entamer son chemin de rédemption.

Disons-le de suite, « Les larmes de Satan » c’est de l’émotion à l’état pur.  Gilles Milo-Vacéri nous offre un roman d’une grande puissance. C’est un roman mais les faits qu’il raconte se sont effectivement passés. Au fil de la narration, j’ai été émue par la bonté de certains de ses personnages ; j’ai eu envie de prendre Antoine dans mes bras et de le serrer fort pour le consoler, le protéger, le défendre ; j’ai maudit l’auteur lors de sa condamnation. Une malchance pareille, un tel enchaînement de circonstances et je ne vous dis pas tout… Et combien j’ai aimé Pierre de Maranches pour avoir cru à son innocence et lui avoir tendu la main ! Le récit de la bataille de Dunkerque est d’un réalisme incroyable et Antoine a un comportement exemplaire dès le début. L’auteur nous le rend encore plus attachant et humain ; ce n’est pas un surhomme mais il montre le vrai courage des âmes bien nées, celui qui vous fait agir malgré la peur parce que c’est ce qu’il faut faire. Et cela va le mener très loin. Il ne renonce jamais, quel que soit l’obstacle ou la difficulté. Antoine, c’est l’honneur, le respect de la parole donnée, le sens du devoir. Son moteur, c’est l’amour et la recherche de la rédemption car il ne se pardonne pas son passé de voleur. Dans la France de l’Occupation, il va découvrir les horreurs de la guerre et du comportement des nazis. Combien de fois me suis-je demandée si les exactions rapportées étaient vraies tant j’étais révulsée par ce que je lisais tout en sachant que l’auteur ne disait que la vérité et me demandant avec lui où était Dieu à ce moment-là, que faisait-il ? Antoine, devenu un combattant de l’ombre à 23 ans a toute la fougue de la jeunesse et ses idées pour remplir une mission… Waouh ! c’est quelque chose ! Et je peux vous certifier que vous en oublierez de respirer.

Conclusion : lisez « Les larmes de Satan », même si vous avez lu la première version. C’est un livre magnifique, avec des personnages bouleversants, des valeurs qui vous feront chaud au cœur. Prévoyez néanmoins quelques mouchoirs car je ne doute pas que vous serez ébranlés, touchés, émus, affligés… De l’émotion à l’état pur je vous dis !


Note globale: 20/20
Style d'écriture: 20/20
Intrigue: 20/20
Personnages: 20/20
Suspense Humour Addictif

Arnaud Rossard, technicien du son O-nyx, groupe de rock Paula Cossart, Professeur en sociologie Littérature érotique, Livres pour les femmes. Retrouver votre libido avec les livres!