Livre


A bout de mères Rachel D. Forêt


Comme les deux faces indissociables d'une médaille, 
la maternité a son revers. 
Les mères amères sont à bout. 
Le reflet dans le miroir s'est teinté des plus sombres pensées, 
des plus noirs desseins. 
Mères monstrueuses, égoïstes, passives, impuissantes... 
Qu'elles subissent, agissent ou réagissent, 
elles souffrent à travers et pour leur enfant. 
Derrière la comédie des apparences, 
les neuf nouvelles de ce recueil explorent les facettes obscures de l'âme humaine.


Editeur: Auto-édition
Date de parution: 05/02/2015

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Avis des Rebelles

Un très beau recueil

Par Nath

À bout de mère est un recueil de plusieurs nouvelles sur le thème de la maternité et du rôle des mères. Cependant, l’auteure a pris le parti de nous conter ses histoires en abordant la partie « obscure » de ce rôle.  On retrouve alors plusieurs profils de mères : celles qui n’aiment pas leur enfant, celles qui font face au deuil et celles qui se retrouvent être face à l’insoutenable : le viol, le meurtre ou l’abandon de leur enfant. L’auteure a aussi fait le choix de varier les genres littéraires. On retrouve donc des légendes, des lettres ou encore des fragments de souvenirs, notamment au travers de photos.

En commençant ce livre, je dois dire que je m’attendais à autre chose. Mais j’ai été assez agréablement surprise. En effet, bien que certaines nouvelles soient assez dures et ne soient pas traitées de manière très gaie, j’ai beaucoup aimé ce recueil. Ce  rôle de mère est souvent laissé de coté dans la littérature pour privilégier les personnages de mères aimantes (contes de fées mis à part !) J’ai trouvé intéressant de pouvoir découvrir ces différents cas de figure, qui, je pense, sont assez fréquents dans le monde. J’ai aussi beaucoup aimé les différents supports utilisés qui permettent de diversifier la lecture du recueil, sans entrer dans quelque chose de redondant. Les nouvelles ont des points de vue qui varient : ils sont parfois internes, parfois externes aux personnages. Elles sont assez dures mais reflètent une certaine catégorie de mères. Cependant, et l’auteur nous le précise dans un avertissement au début du livre, une des nouvelles est vraiment très dure à lire : elle met en scène le viol d’une petite fille, par son beau-père, et sa mère se doute de ces faits. La nouvelle est écrite du point de vue du beau-père. Je conseille donc les âmes sensibles de ne pas lire celle-ci. Les autres sont beaucoup plus soft mais pas moins bouleversantes. 

En conclusion, j’ai adoré ce recueil très bouleversant. Il se lit assez vite mais on sort de cette lecture tout retourné. C’est un sujet fort dont presque personne ne parle, mais qui mériterait tout de même d’être plus fréquemment traité. Je conseille tout de même aux âmes très sensibles de s’abstenir. Mais ce livre reste une très bonne découverte pour moi.

 

Note globale: 18/20
Style d'écriture: 20/20
Intrigue: 17/20
Personnages: 17/20

Un recueil de qualité, vraiment.

Par Mademoiselle Malénia

A bout de mères est un recueil de textes courts qui parlent tous du sentiment maternel dans sa forme la moins louée. On parle ici de mères débordées, dépressives, en proie au plus profond dégoût ou au plus étrange désarroi face à leurs progénitures. Des sentiments obscurs que l'on a du mal à comprendre, et même à verbaliser certaines fois. Avant de donner mon avis sur ces textes, j'aimerais formuler un aveu : il s'agit ici d'un livre auto-édité, et quand je l'ai ouvert, c'est avec un à priori négatif, comme peuvent l'avoir pas mal de personnes sur l'auteur auto-édité. J'ai peut-être eu peur d'une écriture bancale, de corrections ratées, que sais-je? Toujours est-il que j'ai eu dans les mains un recueil de qualité, très bien écrit, et avec bien moins de fautes que dans certaines petites maisons d'édition débutantes!


Apparences : Sorte d'avant-propos, ce court prélude nous met dans l'ambiance...AokigaharaC'est l'histoire perturbante d'un jeune couple qui vient de perdre son premier enfant. Teintée de fantastique, la fin en est déroutante, mais finalement très morale.

Nuit invisible : Ce texte est le plus dur du recueil, il m'a vraiment retournée, et j'ai eu du mal à le lire. Il parle de l'abus sexuel sur mineur et du regard de la mère sur celui-ci. Il est affreusement dérangeant.

Un prénom si ressemblant : Ici c'est l'histoire d'une mère perdue. Perdue pour beaucoup de raisons. Sans spoiler, il est difficile d'en parler, mais c'est vraiment un excellent texte, sans doute mon préféré.

Lettre à moi-même : Là encore, le texte est dur, et prend le lecteur "aux tripes". C'est le désespoir d'une mère conté à son enfant, sans filtre, sans convention sociale.

Clichés : Celui-ci m'a vraiment surpris. Je ne m'attendais pas à cette fin. Une mère regarde les vieux clichés de son enfant, jusqu'à la dernière photo. Amère.

Shégué : Un texte étrange sur la sorcellerie et les croyances, où une mère, par amour pour son enfant, se sépare d'elle sans savoir ce qu'elle deviendra. C'est une vision poignante du sacrifice et de la douleur.

La chose : L'histoire est celle de la dépression post-partum, avec ses non-dits et sa culpabilité. Là encore, un  texte qui bouscule le lecteur et l'invite à voir les choses autrement.

J'aurais aimé : Un texte sur le deuil d'un enfant, celui qui n'est jamais né et à qui l'on aurait aimé transmettre tant de choses. Sans doute le plus positif du recueil finalement.

En résumé, j'ai trouvé tous ces textes, témoignages de l'injuste douleur d'être mère, très justes et bien écrits. Un recueil de qualité, vraiment.

 

 


Note globale: 18/20
Style d'écriture: 19/20
Intrigue: 16/20
Personnages: 19/20

Arnaud Rossard, technicien du son O-nyx, groupe de rock Paula Cossart, Professeur en sociologie Littérature érotique, Livres pour les femmes. Retrouver votre libido avec les livres!